Je viens de mettre en ligne le Top 10 cinéma, le temps de trouver les extraits, refaire un peu les textes ... et je regarde quels sont les résultats des Oscars et La Maison en Petits Cunes vient de remporter l'Oscar du Meilleur Court Métrage. Et si vous lisez en premier cet article vous comprendrez en lisant mon Top 10 que je suis bien évidemment ravi de cette très belle récompense pour le film de Kunio Kato. Et au delà de ce film je suis content pour cet auteur dont j'appécie particuliérement l'univers. Il y a 6 ans Atama Yama (Le Mont Chef ) de Koji Yamamura n'avait pas eu l'Oscar ( c'est The Chubbchubbs! d'Eric Armstrong qui l'avait eu!!!) cette année il n' yaura pas eu la même erreur de la part des votants car j'avais vraiment peur que Presto le Pixar -Warnerlike l'emporte cette année.
Pixar qui, sans surprise remporte, l'Oscar du Meilleur Long Métrage d'Animation. Je reste un peu pour voir si Valse avec Bachir remporte l'Oscar du Meilleur Film Etranger.
Ok donc pour finir mes listes de mes Tops de 2008 je finis bien sur par le cinéma.
Je vous le rappelle les listes que je mets ici sont à la base pour Culturopoing un site sur la Culture en général où je publie de temps à autres un article et où j’anime une émission de radio amateur que l’on fait entre nous. Une sur le cinéma, l’autre sur la musique.
Donc chacun fait une liste et ensuite bien évidemment il y a un Top 10 de Culturopoing dans lequel il faut avouer on ne retrouve pas souvent mes titres donc je poste ma liste ici de manière à vous faire partager ce que j’ai aimé l’année dernière.
Afin de faire la liste définitive de Culturopoing chacune de nos listes doivent être en forme de classement, même si c’est difficile à faire et souvent un peu aléatoire, mais j’ai gardé ce classement pour les premières listes que j’ai pu publié donc je garde la même forme. Encore une fois l’important pour moi plus que de faire un Top, c’est à travers ces listes partager avec vous des choses que j’ai aimé afin, si vous ne les connaissiez pas, vous puissiez les découvrir.
Comme vous pourrez le constater en lisant le Top 10 de Culturopoing un seul de mes films s'y retrouve, mais rien de surprenant quand vous aurez lu mes choix.
En bas de la page vous retrouvez mon Top (et quelques autres indications mon Coup de gueule, ma scène préférée ...) et le Top de chaque rédacteur.
Un homme construit un nouvel étage à sa maison lorsque celle-ci est inondée. Alors qu’il a déménagé ses dernières affaires et qu’il va fermer la trappe sur l’étages inférieur il laisse tomber sa pipe. Il décide de plonger pour la récupérer. Plus il descend dans les étages plus il plonge dans son passé, chaque étage représentant un moment important de sa vie …
En 12 minutes Kunio Kato nous parle de la vie, de la mémoire et réussit à nous toucher grâce à une magnifique animation (même si je préfère sa série …), un dessin superbe, et une réalisation tout en douceur. Grand Prix du dernier festival d’Annecy.
Un extrait du film
Bon je suis embêté car le film est dispo sur Youtube dans une qualité pas trop mauvaise. Il est mis en deux parties. Je ne vais pas le mettre ici car c’est quand même mieux de le découvrir sur grand écran …
Bon allez mais vous le dites à personne ...
2-« Un été avec Coo » de Keiichi Hara , « Piano No mori » de Masayuki Kojima
Deux nouveaux long métrages nous prouvent une fois de plus la force du cinéma d’animation japonais ! Certes on connaît le cinéma d’Hayao Miyazaki, un peu celui du génial Isao Takahata, pas assez celui de Kon Satoshi, de Mamoru Oshii … Mais, en plus de ces grands noms du cinéma japonais, de nombreux films d’animations sortent sur les écrans japonais sans jamais arriver en France. Heureusement certains distributeurs s’entêtent. Cet année on a donc pu découvrir Un été avec Coo j’en ai dit déjà tout le bien que j’en pensais. Un jeune garçon découvre un Kappa (un monstre légendaire), sa famille et lui vont devoir le protéger des médias et de la curiosité des gens.
Le design des persos est très traditionnel, la mise en scène efficace mais n’a rien de franchement original, et pourtant ça fonctionne. Et ça grâce à un scénario parfait, alors certes dès fois le trait est un peu appuyé mais dans un film de 2h15 ça peut arriver, mais on croit à chaque personnages grâce notamment à un ancrage dans la réalité (Des scènes de déjeuner, le père qui se saoule en buvant un peu de bière etc …), les longs métrages japonais prennent ainsi souvent le temps de mettre en place de manière « réaliste » toutes les situations, même les plus fantastiques. Cette maturité de l’animation est aussi surement du à une compréhension autre des japonais habitué à lire des Mangas à tous âges.
Autre excellent film vu lors du festival d’Annecy et qui devrait sortir en 2009 : Piano No Mori. C’est un film plutôt pour les adolescents, ou ceux qui font leur crise d’adolescent un peu tard …, qui parle de la place que l’on peut avoir quand on veut devenir artiste, ici pianiste, faut-il vouloir être le meilleur ou alors essayer de ne pas se soucier des autres et avancer à son rythme. Ici il s’agit de piano, mais comme tous films pour ado le sujet est plus vaste, il s’agit bien sur du positionnement que l’on peut avoir dans la vie face à son objectif professionnel, que celui-ci soit artistique ou autre bien évidemment. Mis en scène simple, pareil pour pour l’anim mais comme pour Coo un film terriblement efficace dans sa narration. A réserver aux adolescents, ou apparentés.
Au-delà de ces deux films cette deuxième place est vraiment pour l’excellence du cinéma d’animation en long métrage au Japon.
A noter deux coups de cœur en courts métrages, deux films d’étudiants dont je vous ai déjà parlé ici: Straying Little Red Riding Hood de Pecoraped, une version délirante du Petit Chaperon rouge et The dream in the dream d’Ikue Sugidono, sur la recherche de l’amour idéal.
La bande Annonce de Coo
La Bande annonce de Piano No Mori
3-Filatures de Yau Nai Hoi
Le scénariste attitré de Johnnie To se lance dans la réalisation. Et c’est une réussite.
L’histoire d’une jeune femme qui débute dans une section de la police de Hong-Kong qui organise des filatures. Un scénario excellent, une mise scène nerveuse comme il faut, des acteurs parfaits (la troupe de Johnnie To) plus une nouvelle venue qu’il faudra surveiller Kate Tsui. Elle a d’ailleurs obtenu le prix de la Meilleure Espoir aux Hong-Kong Awards, Yau Nai Hoi ayant obtenu celui du Meilleur Nouveau réalisateur.
Une excellente surprise, il y a quand même une relève possible à Hong Kong.
Ceux d’entre vous qui venaient régulièrement sur Zewebanim voir ce film dont je vous ai déjà pas mal parlé et à qui j’ai consacré déjà un article n’est pas une surprise pour les autres petit rappel :
Ce documentaire sur le réalisateur du premier film d’animation est un pur bonheur. Tout d’abord pour les fans d’animation car il lève le voile sur un grand mystère. Pendant des années on a cru que le premier long métrage animé était du à Lotte Reiniger avec son superbe « Les aventures du Prince Ahmed ». Mais dans les années 80 Giannalberto Bendazzi, célèbre historien de l’animation parle dans un article d’un certain Quirino Cristiani un cinéaste argentin, d’origine italienne, qui aurait réalisé un long métrage d’animation El Apostol qui serait sorti en 1917 soit presque 10 ans avant « Les aventures … » malheureusement les copies ont toutes brulées. Il est mentionné aussi un deuxième long métrage quelques années après. Mais depuis cet article rien … jusqu’à ce documentaire qui nous montre des programmes de l’époque, des journaux avec des critiques du film et de nombreux témoignages. Et non seulement il est mentionné le second film de Cristiani, mais aussi un film d’un de ses assistants en marionnettes de papier. Et pour les gens qui n’aiment pas l’animation me direz-vous, et bien c’est un passionnant documentaire sur la création, la volonté d’inventer de nouvelles formes d’expressions. Vu au festival d’Annecy ce serait bien qu’une chaine télé le diffuse … peut-être sur le nouveau service public …
Pourquoi des jeux vidéos dans les meilleurs films de l’année? Car grâce au téléchargement de jeux directement sur les consoles, des jeux qui étaient presqu’uniquement disponibles au Japon arrivent enfin chez nous. Des jeux comme Pixel Junk Eden ou Flow nous transporte dans des univers où la contemplation est aussi importante, voir plus, que le but du jeu. Dans Flow nous sommes une espèce d’Être marin fait de formes géométriques, le jeu consiste à passer des niveaux en mangeant le plus d’une espèce de « plancton » et de créatures comme nous. Dans Pixel Junk Eden nous sommes un petit personnage on se déplace sur un fond très simple et très beau, le jeu est de monter sur des sortes plantes, manger des formes, et faire pousser d’autres plantes, pour y jouer un seul bouton suffit. L’une des grandes nouveautés de ces nombreux jeux c’est le plaisir qu’on peut avoir à les regarder. Certes il est toujours impressionnant de regarder quelques niveaux de certains jeux mais rapidement, si vous êtes joueur, il est difficile de ne pas vouloir prendre la manette de la personne qui joue. Ici le plaisir d’être spectateur est aussi, voir plus, agréable que de jouer.
Pour Little Big Planet on joue un personnage Sackboy, que l’on peut habiller de nombreuses manière et des plus fantaisistes. Le personnage évolue dans des mondes incroyablement colorés, la facilité de manipulation du personnage permet là aussi de prendre un vrai plaisir, et même quand vous jouer vous restez spectateur. Mais au plaisir du spectateur les créateurs du jeu ont rajouté le plaisir du metteur en scène puisque vous pouvez créer vous-mêmes votre niveau de jeu, et le partager via Internet avec d’autres joueurs.
Je crois que Pixel Junk Eden est mon préféré des trois.
Bande Annonce Little Big Planet
Flow
Pixel Junk Eden
6- Mr Cok de Franck Dion, Skhizein de Jeremy Clapin, Portraits ratés à Sainte-Hélène de Cedric Villain, L’Idole aux Milles Reproches de Jérémie Guneau
Pareil que pour le documentaire sur Quirino Cristiani je vous ai beaucoup parlé de ces films sur Zewebanim.
Pourquoi mettre tous ces films bien différents ex aequo … ben en fait tout simplement pour gagner de la place, et ainsi partager le plus de titres possibles. Ils ont juste un point commun ce sont 4 films fait en France. Les nombreuses écoles et boites de productions qui existent aujourd’hui en France permettent d’avoir une vraie diversité de style et de techniques dans l’animation française.
Il est j’avoue un peu difficile pour moi de parler des 3 premiers films puisque les réalisateurs sont des amis. Mais leur présence dans ce Top n’est vraiment pas de la complaisance, j’aimais déjà leurs univers et leurs films avant de les connaître. Non ces films sont tout simplement magnifiques au niveau technique et superbement réalisés.
Mr Cok est un film qui montre que l’engagement peut aussi se faire dans l’humour. Le film tente de donner une réponse aux eternels questions « Est-ce le patron qui vient avant l’argent, ou l’inverse ? » et «Est-ce qu’ils croient vraiment que nous sommes si stupides, et le sommes-nous pas un peu dès fois, ou bon ça commence à bien faire leurs conneries » Le rythme du film surprend car en plein milieu il y a un changement, ce qui est toujours un challenge pour un court métrage. Le pari est gagné pour moi grâce à des personnages hauts en couleurs, une narration bien menée, et surtout comme dans l’Inventaire fantôme l’univers du film est d’une incroyable beauté, et l’animation, ici style marionnettes de papier, est superbe.
Skhizein. L’idée originale du film est je trouve géniale : un homme est frappé par une météorite, il se retrouve à 91 cm de lui-même. Mais vraiment physiquement il doit se mettre à 91cm du téléphone pour y répondre, pareil pour taper à la machine etc …
Le film déploie une qualité esthétique absolument superbe, et une animation assez incroyable, avec notamment des décors très détaillés, le rythme, la narration sont admirablement maîtrisés jusqu’à la fin. Quelques scènes sont vraiment savoureuses (celle du psy notamment). La voix off par le comédien Julien Boisselier est parfaite, et la musique de Nicolas Martin, qui avait déjà écrit une superbe musique pour Une Histoire Vertébrale, le premier film de Jérémy Clapin, récidive ici et fait plus qu’accompagner le film, se faisant à certains moments une narration complémentaire !
Il réussit un film de genre comme je les aime à savoir prendre une histoire purement fantastique (le décalage de cette homme suite à la chute de la météorite) avec une pincée d’absurde (la vie de cet homme tous les jours chez lui, à son travail) à une réflexion plus large (est-ce que chacun d’entre nous ne sent pas souvent décalés à de nombreux moments de sa vie). Et finalement le film me touche plus sur cette question du décalage au Monde, grâce à un « artifice » fantastique, que Sofia Coppola et son Lost in Translation. Un superbe film.
Portraits ratés à Sainte-Hélène. L’histoire de la captivité et la mort de Napoléon sur l’Ile de Sainte-Hélène Ou comment la simplicité graphique alliée à l’efficacité d’un bon récit et une bonne dose d’humour peut devenir un outil pédagogique enthousiasmant.
L’Idole aux Milles Reproches. C’est un film de Fins d’études de l’Ecole Emile Cohl. Le raconter me semble impossible. Son univers ? Un mélange entre Suehiro Maruo (un auteur de Manga) et Alice aux pays des merveilles (raccourci journalistique facile mais c’est pour donner une petite idée).
L’année dernière le film en tête de mon Top 10 était « Adjustment » un court métrage anglais sur ce qu’il nous reste d’une histoire d’amour après une séparation. Ici il ne s’agit pas de mémoire mais bien du présent de la séparation (Oui c'est un sujet qui me passionne :). En mettant en parallèle la légende du Râmâyana et une rupture amoureuse, Nina Paley réussit à nous faire rire. L’incompréhension de la séparation que vit l’héroïne est mélangé avec un récit que je trouve assez « respectueux » de l’univers de l’histoire du Râmâyana tout en s’en « moquant » gentiment (à travers les commentaires de trois narrateurs indiens, trois amis de la réalisatrice qui se sont en fait installés dans un studio d’enregistrement et ont discuté du Râmâyana). Si le film a un ton aussi libre il le doit sûrement à son petit budget (il a été financé en partie par des dons en ligne). Cette liberté de ton qui se trouve dans l’histoire se retrouve aussi dans l’animation qui mélange les techniques (dessins, papiers découpés, ordi 2D, utilisation d’images libre de droits). Cristal du Long métrage au dernier festival d’Annecy, espérons que le film sorte au moins en DVD.
8- Valse avec Bachir d'Ari Folman
La fin d’un film c’est comme toutes les fins si elles sont loupées sur le moment ça gâche un peu le film. Et comme je n’aime pas la fin de Valse avec Bachir avec l’apparition des images de prises de vues réelles ben ... De plus je m’attendais comme les critiques de Cannes l’avaient dit à un film documentaire sur un épisode particulièrement douloureux et atroce de la guerre du Liban. Or pour moi ça ne me parlait finalement assez peu de cela mais plus de comment certaines personnes avaient vécu ce massacre et surtout comment ils réussissaient à vivre aujourd’hui avec ce souvenir. Et c’est là que le film prenait toute sa force dans cette recherche d’un passé enfoui, aux travers de personnes qui ont eu des attitudes tous différentes face à ce massacre, au moment des faits et par la suite. Un de ces films dont certaines images vous restent justement très longtemps en mémoire.
9- Les Hommes d’Ariane Michel
Au début du film la caméra nous fait avancer au dessus-de la mer pour nous amener sur une étendue de neige. La caméra prend son temps, en plan large, pour nous faire découvrir des paysages. Et puis la trace de l’être humain commence à arriver sur l’écran au début toujours souvent en plan large mais elle n’est qu’une composante de l’image, elle disparaît, mais reviens elle se fait alors de plus en plus présente, les plans se font plus rapprochés, puis on va même entendre des paroles, un dialogue …
Le début du film est absolument magnifique, puis j’ai un peu décroché j’avoue quand la contemplation laisse place à des mouvements de caméra qui suivent les déplacements des êtres, il y a quand même à ces moments des très gros plans très forts. Et puis la fin du film revient un peu sur la contemplation du début, on est de nouveau bien dans ce paysage.
Un complot mené par des femmes envisage de tuer tous les hommes, avec ce genre d’idée vous avez ou un navet, ou un OFNI. Là on est dans la deuxième catégorie, car ici le sujet est traité sérieusement mais quand même avec un certain humour décalé. Dès la première scène on sait qu’on dans un film un peu différent. Impossible de savoir ce que représente l’image, la caméra petit à petit se met à reculer laissant apparaître des yeux, puis un visage celui de la Reine Elizabeth 2. La caméra recule toujours, au ralenti, laissant cette fois-ci apparaître à l’écran deux personnes habillés en plongeur (masque, palmes …) de chaque coté du portrait de la Reine. Apparaît un officier de Police, les deux hommes lui font signe de ne pas rentrer. Puis alors que la caméra continue de reculer on peut voir quatre personnes habillés eux aussi en plongeurs en train de frapper un homme avec des bottins … tout ça toujours au ralenti, et la scène dure plusieurs minutes. Le reste du film ne sera pas aussi délirant visuellement, c’est même presque le contraire la mise en scène se fait assez simple et discrète pour laisser place à cette histoire assez folle. Un homme est amené dans un commissariat il filmait des femmes dans des toilettes. Il explique qu’il n’est pas un voyeur mais que les femmes veulent tuer tous les hommes, et qu’elles complotent notamment aux toilettes, les hommes ne pouvant y entrer … Bien le policier le prend pour un fou, et l’homme est emprisonné. Mais lorsque la déposition de l’homme disparaît, le policier doit en refaire une, l’homme dit alors l’inverse qu’il est bien un pervers. Rien de surprenant … sauf que dans l’après midi l’homme a eu le droit à une visite, celle d’une femme officier …
Avec un début comme ça on se dit que le réalisateur et les acteurs ne vont pas s’en sortir et pourtant mené par un excellent Simon Yam (forcément) le film s’en sort très bien et on est même pris au piège du film, nous faire croire à son histoire … C’est vrai d’ailleurs pourquoi passent-elles autant de temps dans les toilettes …
Un réalisateur à suivre, il n’y en a pas énormément à Hong-Kong depuis quelques temps.
Réédition DVD, ressortie SALLE de l'année
Cela aurait pu être la sortie en DVD de 5 films d’Oshima des années 60, qui nous permet de voir et revoir et revoir ces films sublimes. Celle du Roi des singes, malgré une copie pas toujours à la hauteur au niveau des couleurs, mais qui permet de faire (re)découvrir un des grands longs métrages d’animation. Cela aurait du être la sortie enfin en DVD du film de Mishima Rites d’amour et de mort chez Criterion en zone 1 et aux Editions Montparnasse en France. Ce film qui était impossible à voir pendant des années montre Mishima se donner la mort par Seppuku avant qu’il ne fasse véritablement quelques années plus tard. Mais plus que ça, ce film, le seul que Mishima est réalisé, est surtout un film superbement réalisé, notamment une scène d’amour dans laquelle la caméra caresse les corps. 30 minutes très intenses.
Mais mon véritable coup de cœur pour une réédition DVD c’est le coffret Cinéma Cinémas qui vient enfin de sortir. A l’heure où l’on se pose des questions sur l’avenir de la télé public il est bon de pouvoir enfin revoir la meilleure émission sur le cinéma. Dès le générique tout nous est dit, des peintures représentent certains des grands réalisateurs du cinéma au travail. L’émission va donc nous faire passer de l’autre coté, dans les coulisses du cinéma n’ont pas pour tout nous dévoiler mais pour nous montrer les choses différemment, loin des paillettes et surtout loin des discours près mâchés, pré digérés … Au sommaire de ce coffret Louise Brooks, Samuel Fuller, Pialat, Toshiro Mifune, Martin Scorsese, Alfred Hitchcock, Jean Seberg … En tout 4 DVD, 3 épisodes par DVD, 92 reportages en tout dont celui, extraordinaire, consacré à Sue Lyon l’inoubliable interprète de Lolita de Kubrick. On doit le retour de ces épisodes de Cinéma Cinémas à la télé et maintenant en DVD à Jean-Pierre Jeunet qui était un grand fan de l’émission. Merci infiniment à lui car c’est l’une des émissions qui était un relais magique à tous les films que je voyais et qui a participé à mon désir de travailler dans le cinéma. Ah puis aussi ce serait vraiment bien que d’autres épisodes sortent car dans mon souvenir un des reportages était consacré à Nastassja Kinski au moment de la sortie de Maria’s Lovers et Paris Texas … elle y était bien évidemment tout simplement sublime.
Coup de coeur de l'année en cinéma (pas un film mais un événement quelconque, un personnage précis, un acteur, un réalisateur etc.)
Pas de coup de cœur particulier juste l’envie que soit enfin reconnu Simon Yam. Acteur fétiche de Johnnie To, il a montré encore une fois l’étendu de son talent cette année dans Triangle et Sparrow de Johnnie To donc mais aussi Filatures de Yau Nai Hoi et Exodus d’Ho-Cheung Pang. Il apporte de la tendresse au personnage dur, de l’humour au personnage sombre, de l’assurance au personnage un peu pataud et tout ça avec une grande séduction.
Une découverte : Isabella Leong que l’on a pu voir cette année (enfin il fallait le vouloir quand même) dans La Momie 3. Elle joue aussi dans le dernier Tsui Hark Missing où elle est superbe. En 2007 elle fait une très belle performance dans Spider Lilies, film qui obtint le Teddy Award en 2007 à Berlin. Bon certes elle n’a pas encore eu de rôle à sa mesure mais je parie que cette ancienne chanteuse déjà nominée trois fois au Hong Film Awards devrait faire parler d’elle. Et si Wong Kar Wai …
Par Zewebanim,
lundi 23 février 2009 à 00:52 ::Ça se tourne
Avant les productions « bizarres » en cinéma image par image étaient réservés au format court, les longs coutant trop chers pour se lancer dans des aventures qui ne rapporteraient eu final qu’un succès d’estime mais peu d’argent. Aujourd’hui l’informatique aidant de nouveaux longs métrages sont en train d’apparaître. Ils sont fait souvent avec peu de moyens et ne veulent pas rivaliser avec les grosses productions au niveau de l’animation. Ici la technique se voit surtout remplacer par l’envie de s’aventurer dans des contrées plus étranges en ce qui concerne l’histoire ou bien le graphisme que ce qu’on n’a l’habitude de voir dans les longs métrages d’animation.
On l’a vu récemment avec Sita Sings the Blues, on devrait le voir prochainement en France même si les budgets sont encore un peu élevés (j’en parlerais très prochainement).
Vu récemment sur le site FPS deux films qui sont dans cette lignée là : From Inside de John Bergin et We are Strange M dot Strange.
Pour le dernier je l’avais déjà repéré sur un site et j’ai commencé à le regarder c’est assez surprenant ça part dans tous les sens aussi bien visuellement qu’au niveau de l’histoire. Le second je l’ai complètement découvert avec l’article de FPS. Je vous laisse découvrir ça avec les articles de FPS (en anglais) et sur les sites des films.
A noter que We Are Strange est visible, amis la qualité n’est pas terrible, sur Youtube ici sous-titré en français.
Les deux articles de FPS ici et ici Le site de From Inside Le site de We are Strange
Par Zewebanim,
lundi 23 février 2009 à 00:12 ::Ça s’écoute
Opération marketing ou véritable envie de revisiter les chansons de l’Etrange Noël de Mr Jack je vous laisse juge. Mais un peu plus d’un an après le double album qui était sorti en 2007 et que j’avais chroniqué d’ailleurs ici et sur lequel en plus de l’album original on trouvait quelques de Démos et 5 reprises (This is Halloween par Marilyn Manson, Sally's Song par Fiona Apple, What's This? par Fall Out Boy, Kidnap the Sandy Claws par She Wants Revenge, This Is Halloween par Panic! At the Disco) un nouvel album de reprises de la BO de Danny Elfman pour le film d’Henry Selick est sorti en fin d’année dernière aux Etats-Unis.
Opération marketing surement car Disney a décidé chaque année de sortir sur les écrans pour Halloween la version relief du film, il est bien de pouvoir l’accompagner de différentes nouvelles choses comme cet album, la sortie du film en Blu Ray ou en coffret spécial …
Véritable envie c’est qu’à l’inverse de l’album de l’année dernière ici c’est tout l’album qui est revisité même les morceaux instrumentaux.
Il n’y a qu’un seul doublon avec l’album de l’année dernière c’est la reprise très réussie de This is halloween par Marilyn Manson
Bon alors soyons clair pour moi L’Etrange Noël de Monsieur Jack est l’un des meilleurs films de l’histoire du cinéma et sa Bande originale l’une des plus belles réussites pour un Musical.
Donc cet album, je l’avoue, avait tout pour m’agacer mais très rapidement ce qui surprend, et c’est très agréable, ce sont les choix des interprètes, dès fois un peu, voir très, déroutant même car je ne connaissais que très peu des groupes invités. Mais si on trouve de tout donc sur cet album je trouve que chaque nouvelle version (ou presque), et même celles qui ne me plaisent pas, sont pleines de respect pour les morceaux originaux.
Dans les versions surprenantes, on trouve une version «Europe de l’Est» de l’ « Overture » par Devotchka, une version psychédélique, mais pas seulement, en tout cas tout bonnement hallucinante de 8’55 par les Polyphonic Spree de « Town Meeting Song » une rencontre entre Jack et Pink Floyd, une version japonaise mais pas seulement de « Nabbed » de 7’34 par les Yoshida Brothers, une belle version « Flamenco » par Rodrigo y Gabriela d’ « Oogie Boogie song » (même si malheureusement la chanson est devenue un instrumental), la sublime version tout en douceur et en fragilité de « Jack’s Obsession » par Sparklehorse.
Rodrigo y Gabriela Oogie Boogie's Song
Yoshida Brothers Nabbed
Et puis il y a des surprises la version en forme de longue plainte par The All-American Rejects et la voix de son chanteur de « Jack’s lament », la voix maladive de la chanteuse de Flyleaf sur « What’s this », une très jolie version toute en légèreté du morceau « Doctor Finklestein/In the forest » qui semble tout droit sortir d’un film fantastique des années 50 (musique de Bernard Hermann bien sur) par Amiina un quatuor islandais qui travaille souvent avec Sigur Ros, une version assez proche quoique plus obsessionnelle de « Jack and Sally Montage » par le Vitamin String Quartet, une interprétation très inspiré de « Poor Jack » par Plain White T’s qu’on imagine bien mimant les mouvements de Jack, au rayon Rock un peu plus dur une très bonne version, bien énervée, de « Kidnap the Sandy Claws » par Korn (mais la chanson est parfaite pour ce style d’interprétation).
Au niveau des déceptions une version un peu trop "straight" (pour ne pas dire bourrin), pas assez étrange de « Making Christmas » par Rise against, une version un peu trop 80’s/ Bontempi de « Christmas Eve Montage » par Rjd2, de même que la version de « To the rescue » par Datarock. Petite déception aussi la version de « Sally’s song » par Amy Lee qui a une voix peut-être trop belle, trop clair pour moi, ma Sally a une voix un peu triste, plus mélancolique … J’avoue préféré la version de Fiona Apple sur le disque de 2007. De toute façon il est difficile de faire mieux que Catherine O’Hara dans la version originale … bon mais il faut dire que c’est d’elle dont je suis tombé amoureux les autres ne peuvent pas être à la hauteur, le grand amour n’arrive qu’une seule fois dit-on !
Sally's Song
Par Amy Lee
Par Fiona Apple
Par Catherine O'Hara
Enfin Danny Elfman fait les voix pour les morceaux « Opening » et « Closing » … et là désolé Danny mais si votre voix fait merveille dans l’interprétation de Jack sur l’album original il est presque impossible de faire mieux que la superbe voix « Shakespearienne » de Patrick Stewart.
Danny Elfman Closing
Le poème d'origine lu par Patrick Stewart
Mais peut-être que le plus beau morceau de l’album original est l’un des derniers « Finale / Reprise ». Jack revient alors dans sa ville sous les Hourra de la foule, il se met alors à neiger, le Dr Finklestein a trouvé l’amour … Sally s’en va discrètement, mais Jack heureusement s’en aperçoit et la suit au pied d’un promontoire en glace il commence à chanter :
« My dearest friend if you don’t mine, I’d like to join you by your side, where we can gaze into the stars” Il est monté, il lui prend les mains et là les deux se mettent à chanter ensemble “And sit together, now and forever. For it is plain as anyone can see we’re simply meant to be” la camera s’est approchée très discrètement d’eux, ils s’embrassent alors avec en fond une lune protectrice et bienveillante.
Dans Nightmare revisited le morceau est repris par Shiny Toy Guns la version est plus hantée, elle est d’ailleurs comme coupée en trois partie vraiment indépendante. La première quand Jack revient est festive et inquiétante à la fois, celle où il se met à neiger est plaintive et semble vulnérable, et enfin la troisième tout en écho est caverneuse et mélancolique…
Les vrais chefs d’œuvres ne vieillissent pas, c’est le cas ici. Le film d’Henry Selick est toujours aussi fort, aussi beau, la musique et les chansons composées par Danny Elfman non plus. L’agréable surprise c’est qu’elles sont en plus adaptables dans des styles et des genres différents … et après tout si Disney ressortait le film tous les 6 mois il y a certaines (très peu) opérations commerciales qui ont du bon!
Un medley avec les chansons de l'album
Sparklehorse Jack’s Obsession
The Polyphonic Spree Town Meeting Song
La même en concert
Shiny Toy Guns Finale / Reprise - D'abord en entier et ensuite la fin avec les images du film