Je vous ai parlé récemment du
Ganimé ( Voir le 4 février), dont la
Maison de la Culture du Japon montre quelques exemples depuis hier. Ne sachant pas de quoi il s’agit je me suis bien évidemment précipité dès les premières séances !
Evacuons de suite l’idée de nouveauté qui est proclamée par la
Toei Animation, producteur de ces films. Comme je vous l’avez déjà dit il n’ y a rien de fondamentalement nouveau dans le fait de monter des images fixes les unes après les autres pour créer une continuité (narrative ou non) et d’ailleurs deux des trois films que j’ai vu n’utilisaient pas que des images fixes !
Deux exemples me viennent de suite à l’idée (mais il y en a bien d’autres) :
Le Nez de Jean Charles Finck (qui contient un tout petit peu d’animation) et
La Jetée de Chris Marker. Mais on sait que la nouveauté est plus attractive et fait mieux vendre c’est ce que tente donc de faire la Toei avec le Ganimé. Cette idée de nouveau concept est une
supercherie publicitaire, comme Lars Von Trier l’avait fait avec son Dogme. Reprendre une idée ancienne et « l’habiller » de nouveaux mots et de pseudo règles ne suffit pas pour y coller l’étiquette « Nouveau ».
Mais il serait dommage de s’arrêter là. Car derrière il y a quand même une bonne idée dans le fait de systématiser un exercice et d’en faire une collection. Surtout quand ce procédé permet à des auteurs de nous proposer une ballade ou un poème visuel…
- Fantascope – Tylostoma de Yoshitaka Amano.
Je ne suis pas un grand connaisseur de l’œuvre du créateur visuel de
Final Fantasy (j’ai vu à Annecy il y a quelques années les 1001 Nuits) et si je reconnais son grand talent, son style très dense ne me parle pas.
Ici pourtant les images en noir et blanc, peintes à l’encre de Chine sont envoûtantes (à noter que dans certaines images, il y a des mouvements de cheveux ou de rideaux, ainsi que des incrustations d’eau). Je me suis laissé prendre à cette histoire de vaisseau fantôme et l’histoire de son capitaine. Un beau poème visuel.
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Goutte de Rosée de Shiro Sano.
Il s’agit d’un hommage à un photographe : Shoji Ueda. Le début et la fin sont en prise de vues réelles entre les deux une succession de photos, avec comme bande son de la musique et surtout des petits dialogues essayant de traduire les expressions des hommes et femmes qui apparaissent sur les photos. C’est une jolie ballade nostalgique.
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La Danseuse de Shutaro Oku sur des illustrations de Furuya Akisa.
Après le poème et la ballade, ici il s’agit d’un récit tiré d’un roman de l’écrivain Ogai Mori.
L’histoire d’un jeune japonais qui part vivre à Berlin, il y tombe amoureux …
Le film est très bien rythmé, la voix off est parfaite, et l’histoire suffisamment triste pour que l’on s’y laisse prendre !
Le rythme assez lent des trois films permet aux spectateurs de se laisser bercer par les images ou au contraire de faire appel à son imaginaire pour créer ce qui n’est pas montré dans les plans (une belle réflexion sur le hors champ).
Une expérience fascinante
Quelques sites pour en savoir plus:
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Le site officiel (en japonais)
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Interview d'un producteur de la Toei Animation
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Un autre avis